«Ma vie tient dans un sac à dos»

Petite, je vivais plongée dans les livres. Je voulais m’évader et découvrir ce qui se passait ailleurs. Née en Roumanie, je suis arrivée en Suisse à 15 ans. Fascinée par les voyages, je désirais voir, un jour, le monde et tous ces monuments dont on nous parle dans les revues ou à la télé.

«Je veux prouver qu'on peut être bûcheronne et féminine»

J’avais 15 ans lorsque je me suis mise en quête d’un apprentissage. Il me fallait un travail stimulant, sans monotonie et de préférence en plein air: j’ai toujours aimé être dehors. Plusieurs personnes, dont mon meilleur ami, m’ont parlé du bûcheronnage. L’idée me plaisait, même si je n’étais pas sûre d’avoir les capacités physiques pour exercer ce métier. Il m’a fallu beaucoup de temps pour dénicher une place.

«Malgré sa schizophrénie, ma maman n’a pas changé»

Schizophrénie, c’est un mot souvent employé à tort et à travers. Moi même, avant d’y être intimement confrontée, je faisais partie de ceux qui utilisaient ce terme à mauvais escient, pour, par exemple, évoquer une situation ubuesque ou un dédoublement de personnalité. Aujourd’hui, je sais exactement ce dont je parle.

«Je vais chanter à la Fenice de Venise»

Un soir de septembre 2007, tout est soudain devenu limpide. Une évidence absolue. Je venais d’assister, à Genève, à la représentation des Troyens, opéra d’Hector Berlioz, et sur la route du retour, dans la voiture, complètement chamboulée, j’ai compris. Chanteuse lyrique, c’est ça que j’allais faire. Ce déclic m’a amenée à bouleverser mon quotidien.

«Grâce à ma fille, je me suis lancée dans le bénévolat»

Tout a commencé en février 2016: la population d’Échallens était invitée à une séance d’information, car la commune allait accueillir des migrants qu’elle logerait dans son abri de protection civile. Ma fille Jeanne, alors âgée de 15 ans, tenait à y participer, je l’ai donc accompagnée. Le soir même, elle a été profondément choquée et révoltée par les paroles racistes et les préjugés de certains. Alors qu’elle est d’un naturel timide, elle a pris le micro et demandé si les mineurs pouvaient devenir bénévoles. On lui a répondu que oui.

«Malade, je ne cesse d’aller de l’avant»

On m’a diagnostiqué la maladie de Parkinson il y a maintenant 8 ans et demi. C’était en juin 2010. Un an plus tôt, j’avais été remerciée pour cause de restructuration et, à la suite de ce licenciement, je me suis rendu compte que je tremblais. La même année, mon père est décédé et lors de son enterrement, je me suis dit qu’il y avait un problème. Ça ne venait pas de mon deuil. Je sentais que quelque chose ne fonctionnait plus chez moi.

Début janvier 2010, je suis allée voir ma généraliste, qui m’a proposé de faire un scanner et un IRM pour élucider certaines choses.

«Rien ne m’arrête, surtout pas mon handicap!»

J’ai toujours été déficiente visuellement, mais ma vue s’est subitement détériorée en septembre 2017. Entre cette échéance et août 2018, j’ai dû subir 6 opérations pour faire descendre la tension de mon glaucome. Et depuis un an, je dois désormais me déplacer avec une canne blanche. Toutefois, mon état de santé ne m’a jamais donné envie de baisser les bras.

«J’ai dû toucher le fond pour mieux rebondir»

Aujourd’hui, je suis heureuse et rien ne laisse supposer, qu’à un moment donné, tout a failli basculer. J’ai 30 ans, un compagnon, une petite fille de 2 ans et demi. Mon quotidien est bien rempli: je fais beaucoup de sport, surtout de la course à pied, trois fois par semaine. J’adore ça, j’ai d’ailleurs eu la chance dernièrement de prendre le départ de Sierre-Zinal. L’hiver, je pars souvent en peau de phoque.

«Grâce à un inconnu, je vis pour deux»

En 1974, à 7 ans, j’ai brutalement été atteinte d’un diabète de type 1. Je me souviens de l’infirmière qui venait tous les matins me faire une piqûre d’insuline, le temps que mes parents apprennent à la faire eux-mêmes. En parallèle, j’ai dû suivre un régime alimentaire strict. Le diabète est traître, il s’attaque à tout l’organisme. Je ne me rendais pas bien compte étant enfant, mais je savais qu’un jour ou l’autre ma santé allait se dégrader.

A cet âge, on se dit que c’est loin et, comme on veut vivre sans contraintes, on s’en fout.

«À 50 ans, j’ai été harcelée par mon amour de jeunesse»

Renouer avec son amour de jeunesse plusieurs décennies après, reprendre l’histoire là où elle s’était arrêtée, c’est le genre de récit qui fait rêver les romantiques. Toutefois, dans mon cas, le conte a viré au cauchemar. Mon premier amour est même devenu ma plus grande terreur. Au départ, c’est moi qui ai voulu recontacter Richard.