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    L'Académie brise un tabou

    La gardienne de la langue française consent à la féminisation des noms de métiers. Fin d’une querelle de 30 ans.

    Publié le 
    11 Mars 2019
     par 
    Fabienne Rosset

    C’est qui?

    L’Académie française, fondée en 1635 par le cardinal de Richelieu, est l’immuable gardienne de la langue de Molière, dont elle défend les règles avec acrimonie, souvent, et jusqu’à l’absurde, parfois. La non-féminisation des noms, obsession des Immortels, alimente ainsi une querelle ouverte depuis trente ans. De réputation rétrograde et sexiste, l’Académie (4 femmes pour 31 hommes) n’est pas connue pour sa souplesse en matière d’usage du français, donc. Peu importent les évolutions de la société et celle de la place des femmes. L’ambassadrice est l’épouse de l’ambassadeur, parce qu’on n’en nommait pas… au XIXe siècle!

    Pourquoi on en parle?

    Contre toute attente, le 28 février dernier (presque 50 ans après le Québec, et la Suisse dans  la foulée!), l’Académie a adopté un rapport sur  la féminisation des noms de métiers, soulignant qu’il n’existait «aucun obstacle de principe» à celle-ci, tant que leur forme ne menace pas la structure de la langue ni son euphonie. Pas de révolution donc, mais un pas en avant pour consentir à des formes telles qu’autrice, écrivaine  ou professeure, que les Immortels considéraient comme du barbarisme jusque-là. Aucune liste exhaustive n’est fournie et les Immortels, sans  se mouiller, renvoient «à l’usage».

    L'orthographe est-elle un truc de vieux?

    Qu’est-ce que les autres en disent?

    En France, on peut donc utiliser autrice ou  écrivaine, même si certains butent sur le vaine… Christine Angot, par exemple, se clame définitivement écrivain (même si on entend aussi le vain). La linguiste Marie Treps, quant à elle, qualifiait autrice de mocheton, dans l’émission de télé La grande librairie, fin 2018, avant d’ajouter que plus elle le répéterait, plus elle s’y habituerait: «Ce sont des mots qui ne sont pas nouveaux, mais transformés, et dont l’œil et l’oreille doivent être contents.» 

    Les mots qui ont fait débat

    La linguiste Maria Candea a confié au magazine L'Express que certains académiciens n'aimaient pas doctoresse parce que ça rimait avec fesse ou étaient opposés à rectrice car cela évoquait rectal. 

     

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